Une promenade dans la région forte luxuriante de mon passé, protégée par les sapins au blanc bonnet et les épices savamment colorées, m’a convaincue du pouvoir nommé Cinquième Sens. Je reste à présent sur mes gardes, je ne veux rater aucun train grande vitesse en direction des douceurs enfantines. Remise du plongeon fatal de la cannelle ( Voir TOME 2 ) j’enfile, cette fois-ci délicatement, mes bottines et dévale les escaliers avec l’impatience d’une petite fille face aux cadeaux de Noël. J’ouvre la porte de l’immeuble comme si j’entrais dans un monde gouverné par les rêves, mes rêves. Paris, ma nouvelle terre, se dévoile sous son plus beau jour: elle a revêtu ses robes de fêtes et scintille la nuit venue. C’est fou! incroyablement Supercalifragilisticexpialidocious (et oui mes bottines combinées à une période féérique m’on transformée en Marin Poppins…) !

La vision de notre chemin habituel change lorsqu’on prend du temps au temps et que l’on relève la tête. Autour de cette autoroute citadine, où les embouteillages humains donnent des airs de circuit F1 à nos parcours quotidiens, se logent des trésors à porté de curiosité: les luminaires sont devenus les étoiles terrestres d’un monde qui a la tête sur la lune. Par où commencer? quel endroit choisir pour éveiller l’esprit de Noël datant ? L’hôtel de ville m’apparaît comme une évidence, la patinoire installée dans sa cour ‘de Luxe’ est une source sûre d’inspirations hivernales.

Je saisi un vélib’, un premier flocon embrasse le bout de mon nez, et un second caresse ma main, un troisième, un quatrième puis des centaines de paillettes givrées atterrissent sur ma veste devenue Blanche — Neige. Je continue à pieds, quelques grandes minutes d’excursion et me voilà plus proche de Pingu frôlant la glace, que de Poppins virevoltant dans les airs! A bout de force, prête à retourner mes bottines, l’odeur d’un aliment magique atteint mes sens.

Soudainement, je repasse en mode couleurs, mes joues se teintent de rouge et mes papilles pétilles: je suis délicieusement heureuse. Curieux, aucune rétro-projection aujourd’hui et pourtant la joie s’est invitée sous ma capuche! Je me retourne et découvre les coulisses de ce moment si chaleureux: mon druide du jour se dévoile sous les traits d’un marchand de marrons. Les marrons…éléments indispensables pour combattre le froid et répondre à nos envies gourmandes. je m’enivre de cette senteur mélangeant le cacao, la noix de muscade, les baumes et la fumée ‘d’un bois de Noël’. Je ne résisterai pas une minute de plus,,, il me propose un marron: j’accepte, prends le temps de le décortiquer et le déguster. C’est bon, moelleux, savoureux , mon palet est aussi de la fête ! La voici ma madeleine de Proust, en mode grosse laine, elle me rappelle les mets qui vont orner la table de Noël et qui , bien au-delà des cadeaux, réunissent les gens que l’on aime. Cela m’inspire la dinde, les pommes de terres préparées avec la patience des beaux jours et la bûche chocolatée,,,l’odeur de chocolat, cette douceur qui embaume la pièce résonnant de rires enchantés par tant de beauté.

C’est peut-être cela l’élixir de la jeunesse éternelle: conserver les yeux, la curiosité et l’enthousiasme de l’enfant que nous étions. Se souvenir, oui, mais il est également important de se créer de nouveaux instants croustillants pour jouir de la vie… dès à PRESENT !

 

!!! JOYEUSES FÊTES !!!